24 septembre 2026
Rachat immobilier : les renégociations au plus bas depuis 2022
En juillet 2026, à peine 12,2 % des crédits immobiliers nouvellement signés en France correspondaient à un rachat de crédit ou à une renégociation de taux au sein de la même banque, selon des données de la Banque de France relayées début septembre par le site Moneyvox. Il faut remonter à la fin de l'année 2022 pour retrouver une proportion aussi faible.
Un marché du rachat et de la renégociation au ralenti
Le rachat de crédit immobilier, aussi appelé regroupement de crédits lorsqu'il porte sur plusieurs prêts, consiste à faire racheter votre crédit en cours par un nouvel établissement afin de bénéficier de conditions plus favorables, avec une mensualité généralement unique. La renégociation, elle, consiste à demander à votre banque actuelle de revoir le taux de votre prêt sans en changer. La Banque de France suit ces deux opérations ensemble, car elles répondent à la même logique : profiter d'un taux plus avantageux que celui signé au départ.
Toujours selon ces données, la production de crédits immobiliers neufs, hors rachats et renégociations, s'est établie à 11 milliards d'euros en juillet 2026, après 13,2 milliards en juin, pour un taux moyen de 3,30 %, contre 3,27 % le mois précédent.
En juillet 2026, seulement 12,2 % des crédits immobiliers signés étaient des rachats ou des renégociations, un plus bas depuis fin 2022, selon la Banque de France.
Pourquoi si peu d'emprunteurs ont intérêt à bouger aujourd'hui
Cette faiblesse s'explique surtout par le niveau des taux pratiqués entre 2020 et fin 2022, période durant laquelle une large partie des ménages ayant acheté un bien immobilier ont emprunté à des taux très inférieurs à 2 %. Les taux actuels tournant autour de 3,3 % à 3,5 % sur les durées longues, racheter un prêt signé à cette époque reviendrait, pour la plupart de ces emprunteurs, à échanger un taux bas contre un taux plus élevé. L'opération n'a alors aucun intérêt du point de vue du coût du crédit, ce qui explique la rareté des dossiers.
Une fenêtre qui reste ouverte pour certains profils
Tous les emprunteurs ne sont pas dans cette situation. Ceux qui ont signé un crédit immobilier fin 2023 ou début 2024, période durant laquelle les taux avaient dépassé 4 % sur les durées longues, peuvent avoir intérêt à comparer leur taux actuel avec ceux pratiqués aujourd'hui. Si l'écart est suffisant pour couvrir les frais liés à l'opération, notamment les indemnités de remboursement anticipé dues à la banque d'origine, les frais de dossier et les frais de garantie du nouveau prêt, un rachat ou une renégociation peut encore se justifier.
Le rachat de crédits ne se limite pas à un arbitrage de taux
Le regroupement de crédits ne se résume pas à un pari sur l'évolution des taux d'intérêt. Il permet aussi de réunir plusieurs crédits en cours, immobilier et crédits à la consommation, en un seul prêt avec une seule mensualité, afin d'améliorer ce qu'on appelle le reste à vivre, c'est-à-dire la somme qui reste disponible chaque mois une fois payées les charges fixes du logement et les mensualités de crédit. Pour un foyer dont le budget est tendu par plusieurs mensualités cumulées, l'intérêt de l'opération se mesure moins à l'écart de taux qu'à l'allègement effectif de la charge mensuelle, même si cet allègement passe par un allongement de la durée de remboursement, ce qui a un coût sur la durée totale du crédit.
Faire le point sur votre situation
Ce ralentissement du marché du rachat et de la renégociation ne signifie donc pas que l'opération a perdu tout son sens en 2026 : il reflète surtout le fait que la majorité des emprunteurs ayant profité des taux bas d'avant 2023 n'ont, mécaniquement, plus intérêt à bouger. Si votre prêt immobilier ou l'ensemble de vos crédits en cours ont été signés à un taux proche ou supérieur aux niveaux actuels, une simulation permet de vérifier concrètement si un rachat de crédits reste pertinent pour votre situation.